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Philippe
à L'artistique, Chantal à la gestion, dans la famille Bimane
la répartition des tâches a fait le succès de leur entreprise.
Philippe est membre de la Haute Coiffure Française, directeur artistique
du Cercle des Coiffeurs Créateurs de la région PACA. Il participe
chaque fois qu'il le peut à de nombreux shows en France et à
l'étranger pour Schwarzkopf et Eugène Perma, deux "maisons"
auxquelles il voue une grande fidélité. Il coiffe par ailleurs
des défilés régionaux pour Stéphane Rolland,
le couturier de Jean-Louis Sherrer. Il a en charge la formation
technique des coiffeurs, de la coupe à la réalisation de chignons,
un art dans lequel il excelle même s'il nous dit en confidence préférer
la coupe. Chaque nouveau collaborateur passe en formation (colorimétrie,
coupe et coiffage, chignon) avec Philippe avant d'être en contact
avec la clientèle. Elle varie d'une semaine à 6 mois en fonction
du niveau de chaque personne.
S'ensuivent
des stages de gestuelle, de communication et de bien-être afin que
chacun puisse analyser les clients et se répartir le travail en fonction
de ses affinités. Chantal, elle, est férue de psychologie.
Elle organise depuis dix ans pour ses collaborateurs des stages de psychologie
appliquée à la relation coiffeur-client. « Il y a
une dizaine d'années, nous étions les premiers à réaliser
ces formations. Maintenant c'est très à la mode »,
souligne-t-elle. Elle y enseigne les sources de motivation de la cliente
qu'elle classe en 6 catégories :
il y a la passive, l'interrogative, l'agressive, la mécontente, la
sceptique et la satisfaite. Ainsi tous les premiers mardis de chaque mois,
les collaborateurs se réunissent de 20 heures à 22 heures
pour réaliser des jeux de rôles et se mettre dans la peau de
la cliente. Un bon moyen d'analyser ses points forts et ses faiblesses.
Chacun se pique au jeu et en redemande. Apparemment (entreprise ne rencontre pas de difficultés
dans la motivation du personnel.
Il est fidèle (certains sont là depuis 1982, date de l’ouverture
du premier salon Bimane) et dévoué grâce à
un management participatif. « Chaque mois on choisit une personne
à qui l'on confie la responsabilité de déterminer
l'ambiance du salon », explique Chantal. Telle collaboratrice
décidera par exemple que toutes les coiffeuses porteront des chouchous
fantaisies. Telle autre, que l'ensemble de l'équipe s’habillera
en bleu... Bien sûr on ne retient pas les idées trop farfelues.
Mais cela permet à chacun de s’impliquer. Les collaborateurs
ne manquent pas non plus une occasion de faire la fête. Ils se déguisent
pour Halloween ou le carnaval. Tout est prétexte à l'animation
et au divertissement pour créer une atmosphère conviviale.
Si
on s'amuse, on travaille aussi beaucoup.
« Les collaborateurs qui s'épanouissent chez nous sont
avant tout des bosseurs, confirme Philippe.» Bien avant
les trente-cinq heures il a fallu, pour tenir le rythme ainsi que l'amplitude
horaire propre à l’activité en centre commercial, organiser
le roulement des équipes. « Chez nous, on travaille à
la carte. Ils s'engagent ainsi avec nous dans un réel partenariat
horaire. C'est aussi ça le secret de leur fidélisation,
indique Chantal.
Cette
organisation s'accompagne d'une politique salariale basée sur l'intéressement.
Reste le problème de sous-effectif. Il y a encore six postes à
pourvoir et malgré tous ces efforts, les Bimane n'échappent
pas à la principale difficulté que rencontre tout chef d'entreprise
dans la coiffure, celle de trouver du personnel
LA
COIFFURE POUR PASSION
Pour
Philippe et Chantal Bimane, la coiffure n'est pas seulement un
business. Elle est avant tout une passion qu'ils ont à
coeur de retransmettre aux plus jeunes. Ils s'investissent dans
les écoles de coiffures. Philippe est jury dans les examens
mais surtout, il organise chaque année avec sa femme le
concours "graine de coiffeur au Palais des Congrés
d'Antibes-Juan-Les-Pins, sous l'égide du Cercle des Coiffeurs
créateurs. Les jeunes de moins de 25 ans s'affrontent sur
scène au travers de différentes épreuves
: coupe, coiffage, chignons... Ils sont au final quatre à
six sur scène et tous les ans plus nombreux à participer.
Un concours qui permet de stimuler la nouvelle génération
que l'on a tendance à considérer trop hâtivement
démotivée. Les Bimane prouvent ainsi leur attachement
à leur métier en assumant avec enthousiasme leur
devoir de transmission.
La
proximité avec les rayons d'hygiène-beauté
des grandes surfaces n'empêche pas les salons de réaliser 12
% du chiffre d'affaires à la revente. « Au lieu d'être
néfaste, cette concurrence directe nous apporte au contraire une
émulation. Le centre commercial est un lieu d'achat par excellence
», précise Philippe Bimane. La vente concerne essentiellement
les produits de soin et de coiffage, mais aussi de coloration. «
Cela ne nous a jamais posé de problème philosophique de rendre
des produits de coloration dans nos salons. À nous d'être au
top du travail technique pour offrir à nos clientes des réalisations
élaborées (notamment des mèches) qu'elles seront incapables
de refaire chez elles », ajoute Philippe.
Il y a aussi le savoir-faire maison. Chantal a su l'expliquer à ses
collaborateurs : la revente, c'est 90 % d'écoute, alors que dans
une conversation courante l'écoute ne représente habituellement
que 5 %.
Des challenges sont également organisés auprès des
collaborateurs. Le meilleur vendeur gagne une tondeuse, un séchoir,
un sac de voyage ou même un séjour à Eurodisney.
Autre moyen de raviver la flamme commerciale des plus réfractaires,
une petite phrase lancée en clin d'oeil : « Ceux qui ne
vendent pas feront les nocturnes ! » Et puis Chantal n'a pas sa
pareille pour dénicher bijoux, lunettes et accessoires cheveux qui
font fureur et se vendent à la pelle, ce qui "booste" la
vente de manière considérable. Les Bimane ne manquent pas
d'idées pour aller de l'avant...
Ils
viennent de créer Enzo Benzi, une nouvelle enseigne, dans le
centre commercial Carrefour. Concept axé sur la coloration, son but
est de proposer un travail spectaculaire basé sur les nouvelles techniques
de coloration rapides associées à la coupe qu'ont développé
les fournisseurs, et ce à moindre coût. Le balayage est facturé
entre 150 et 250 F contre 300 F dans les salons Bimane. Le prix est certes
attractif, mais la réussite de l’entreprise ne repose pas essentiellement
sur une politique tarifaire, contrairement à la majorité des
salons implantés en centres commerciaux. Ce qui prime, c'est la qualité
des prestations. Pour preuve, le shampooing-coupe-brushing dans le salon
Bimane est à 203 F, auxquels s'ajoutent 30 F pour un soin. Des tarifs
qui n'ont rien à envier à ceux affichés par les salons
situés en centreville. Or, à la question de l’opportunité
de créer un salon en ville, Philippe Bimane rétorque : «J'ai
toujours travaillé en centre commercial.J’y ai fait mes débuts
en tant que coiffeur. J'ai bien essayé de m'installer en centre-ville,
mais je m y suis ennuyé. Je me sentais oppressé. J'ai besoin
de mouvement, de frénésie, de foule. Accepter d'avoir des
heures creuses en attendant le client, ce n'est pas pour moi. »
La force de l'entreprise repose également sur une communication tous
azimuts. Philippe Bimane prend lui-même les photos qu'il utilise à
des fins publicitaires : campagne d'affichage dans les abri-bus et sur les
bus tout au long de l'année, "4 par 3" en mai pour la fête
des mères. Ces photos servent aussi pour des insertions dans les
magazines régionaux. Enfin, Philippe n'hésite pas à
participer à toutes les manifestations locales. Soirées chez
Carrefour ou à la mairie, fête dans une discothèque,
salon professionnel à Cannes, sans parler du festival : il ne manque
pas une occasion de parler de son activité pour recruter de nouvelles
clientes. Résultat, suite à un sondage réalisé
sur la ville, un Antibois sur trois serait passé dans un des salons
de Philippe et Chantal.
Un
site Internet est même en cours de réalisation,
avec bientôt la mise en place d'un carnet de rendez-vous électronique.
Ainsi les femmes pourront non seulement prendre rendez-vous directement
sur le net mais, en consultant les images du site, elles auront aussi la
possibilité d'indiquer le numéro de la coiffure qu'elles veulent
faire réaliser. Un atout important quand on a pour voisinage le centre
d'activité de Sophia Antipolis. Décidément, les Bimane
mettent un point d'honneur à toujours garder un wagon d'avance dans
le train de la coiffure !
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